la MORT lente (11.08.21)
Je sais même pas ce que je suis, je sais même pas qui vous êtes. J’en peux plus de ces pseudos convictions qui envahissent l’espace. On a tuer le doute, on a tuer le suspense. On a plus le droit de dire je sais pas, en fait non c’est pire que ça, on a le droit mais on se l’autorise pas. Pour pas paraître indécis, pour pas paraître faible mais bordel pas savoir ce qu’on veut c’est la base si on veut trouver ce qu’on veut. Si t’es tout le temps sur des rails comment tu veux te rencontrer. Le bonheur il est jamais sur les rails, même tout au bout, vas y va voir y’a r. Que des films. On est rien et pourtant on n’est pas moins que tout. J’ai envie de voir les gens douter, les gens fléchir et réfléchir. J’aime cette fragilité parce qu’au bout du compte, on peut la ramener tant qu’on veut, on sait rien. On commence à en savoir un peu plus que rien quand on se rencontre.
Mais est-ce qu’on est vraiment fiable en fait. A quel point le gouffre est large entre ce qu’on paraît, ce qu’on croit être et ce qu’on est vraiment. En plus, on est comme la vie, on change, on évolue, on se retourne. A quel moment tu veux poser des principes en sachant ça. Les gens qui chie des principes à longueur de journée il devrait se retourner pour voir que dans leur merde y’a que de l’ego. Je suis végétarien mais je mange des kebabs, je suis fidèle mais j’ai déjà menti à celle que j’aimais. Pour lui faire du bien, pour lui faire du mal. J’ai même menti en disant que je mentais. On ne sait pas, on ne voit pas, au mieux on sent les choses. Je culpabilise pas d’avoir menti parfois parce que le mec a qui j’ai le plus menti c’est moi. Aujourd’hui on condamne tout le monde, tout le temps pour toutes les raisons possibles. Parce que d’être ensemble du côté de ceux qui dénoncent ça rend fort. On s’extremise ensemble pour essayer de ne plus se poser de questions, parce que ce putain de monde est trop compliqué, y’a trop de nuances, trop de possibilités et les darons y nous ont pas préparé à ça alors on tricote, on fait ce qu’on peut. On s’invente des rôles, des vies. On s’engage et on trahi. Acceptons ça.
La vie est injuste parce que nous le sommes. On crée notre propre aventure pour défier les modèles et surprendre ceux qui attendent tout de nous. Les parents, les patrons, la patrie. Faut accepter les risques, faut épouser les turbulences parce que s’emmerder c’est bien pire que souffrir. Sauf si t’es un adepte de la mort lente.
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