Marcher
Je comprends chaque jour davantage à quel point on est entré dans l’ère de l’effondrement, ce que les anciens maîtres appelaient le « Kali Yuga ». Toutes les illusions tombent les unes après les autres: nos systèmes politiques, sociaux, culturels, nos systèmes de valeurs sont mis à mal. Ce gigantesque bouleversement nous oblige à tout revoir en profondeur. C’est le crépuscule des vieilles croyances. Croyance en un Etat protecteur, en un chef providentiel, en un système économique, en un système éducatif basé sur la compétition et la croyance au mérite. De même, nous ne pouvons plus compter sur des « maîtres » pour nous guider, qu’ils soient des scientifiques, des dirigeants politiques, des guru spirituels ou autres. Si on ouvre un peu les yeux, on ne voit plus que corruption, bêtise, guerre d’ego, désinformation, conflits d’intérêts, tentatives de prise de pouvoir. Beaucoup de personnes ne veulent pas le voir, car regarder cette réalité en face implique nécessairement de se repositionner, de changer de paradigme et d’agir selon de nouvelles valeurs. Une grande majorité de personnes continue à se cacher derrière des opinions creuses et de fausses certitudes, tout en nourrissant un système qui, de toute évidence, est devenu complètement obsolète. C’est parfois difficile à accepter, d’autant plus qu’on réalise à quel point on est soi-même devenu complètement dépendant de ce système. Certainement qu’au fond, tout ce qui se passe à un sens profond, et nous pousse à couper les liens avec de vieux attachements. Et si cela est si difficile, c’est qu’aux tréfonds de notre être se cache une peur fondamentale, une angoisse métaphysique et existentielle à laquelle se subordonnent toutes les autres peurs: la peur de la mort, du néant, de la dissolution complète. Mais si cette peur est dépassée, alors toutes les autres peurs s’estompent, et plus rien ne peut entraver notre joie, notre courage, notre confiance. La confiance, sœur de la Conscience. Le chemin sera long et pavé d’embûches. Il y a, et il y aura des hauts et des bas. Mais il n’est pas nécessaire de savoir où l’on va pour continuer à marcher.
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